Ma carrière télé

Dans cette section, je vais vous parler de mes nombreuses apparitions à la télévision en ordre dé-chronologique, du plus récent au plus ancien. En plus d'avoir la possibilité de regarder quelques extraits des émissions, vous avez l'option, de vous renseigner sur le genre de rôle que je jouais dans l'émission, connaître le déroulement du tournage, découvrir mes sentiments face aux personnages et savourer quelques anecdotes croustillantes et faits cocasses. En passant, ne vous posez pas la question inutile à savoir si je joue le personnage d'un handicapé. JE SUIS UNE PERSONNE HANDICAPÉE ! Mon handicap est seulement un trait de caractère ajouté à mes personnages. Certains ont les yeux bleus ou d'autres ont les cheveux blonds, moi j'ai ni un ni l'autre, mais je suis handicapé ! Il n'est pas non plus nécessaire que le texte spécifie que mon personnage est handicapé, car au fond je peux jouer n'importe quel rôle, c'est le talent qui compte !

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Caméra Café

Tournée en mai 2007 et présentée sur les ondes de TVA à l'automne 2007, mon personnage de Gratien m'a marqué de bien des façons. C'était mon retour à TVA depuis 1995, c'est-à-dire depuis mes tous débuts à la télévision dans Jasmine. Vous savez tous que Caméra Café est un feu roulant de petits numéros; et bien, le tiers de cet épisode était consacré à Gratien ! Homosexuel et grand danseur de ballet, Gratien veut donner un cours de danse à son bon ami (vous voyez le genre). Comment danser le ballet en chaise roulante ! Les mouvements c'est n'importe quoi. En plus, avec mes magnifiques collants bleus, personne, je dis bien personne ne pouvait me manquer.

Le tournage, c'est très bien déroulé. L'une de mes plus grandes craintes, c'était de jouer un personnage homosexuel sans en mettre trop. En plus, Gratien avait un petit côté baveux et provocateur. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je me retrouve souvent avec ce genre de trait de caractère... Je n'hais pas ça ! Moment cocasse; à la fin le personnage de Jasmin Roy me pousse vers les escaliers (coulisses) mais il m'a poussé tellement fort qu'il m'a carrément rentré dans le décor.

Bob Gratton, Ma Vie, My Life

Quoi dire sur cette série autrement que WOW. J'ai vraiment trippé en tournant ça ! Tournée au printemps 2006 la série a été présentée sur les ondes de TQS en janvier 2007. Ce tournage restera gravé à tout jamais dans ma mémoire. Enfin, j'avais un rôle qui reviendrait dans plusieurs épisodes et qui prenait une place importante au bon déroulement d'une série. Oui dans Virginie et Lance Et Compte mes personnages revenaient mais jamais avec une telle importance. Mike un garagiste handicapé, quelle idée de fou de la gang des scripteurs de François Avard ! Un pompiste en chaise roulante, même avec beaucoup de drogue, je n'aurais jamais pensé à ça. J'ai beaucoup d'imagination mais là, quelle bonne idée.

Chacune des journées de tournage a été remplie de moments magiques pour moi. Je ne travaillais pas, je m'amusais avec Elvis, Méo et Steven. Mike est un personnage full brillant, probablement le plus intelligent des quatre. Quand j'ai lu le scénario, j'ai trouvé mon personnage de Mike évidemment très drôle, mais aussi très touchant et très attachant. Il sait ce qu'il veut et fait tout pour arriver à ses fins. Parfois arrogant, voir même baveux, les traits de caractère de Mike font assez vite oublier au public le gars en chaise roulante. Un gars tout croche qui ose se casser la gueule en public et qui aime ça en plus. Le téléspectateur est quasiment forcé d'en rire et de laisser tomber sa gêne ! C'est le genre d'humour que je fais dans mes 'stand-up', mais avec la présence de la télévision, mon humour devient encore plus visuel. La chose la plus difficile de ce tournage a été de garder mon sérieux jusqu'à ce que le réalisateur dise « coupez ». Je ne peux malheureusement pas identifier le moment le plus cocasse du tournage, parce qu'il y en a trop ! Attention à la deuxième saison de Bob Gratton, ma vie, my life , elle est encore plus folle et délirante que la première !

Les Bougons, C'est Aussi Ça La Vie I et III

Après une très brève apparition lors de la première saison présentée sur les ondes de Radio-Canada en 2004. Les scénaristes ont récidivé en m'offrant un autre rôle dans la saison numéro trois, et quel beau personnage ! Mais revenons à ma première apparition, j'incarnais le rôle de Gratien un gars qui rêvait de devenir trompettiste. Au moment du tournage, en 2003, c'était la première fois que j'entrais en contact avec l'univers et surtout la plume de François Avard. Celui qui a imaginé qu'un gars incapable de couper son steak sans qu'il vole hors de l'assiette, mais dont le rêve est de jouer de la trompette. J'ai adoré l'idée de pousser mes propres incapacités à l'extrême afin de pouvoir en rire. Avard avait très bien compris ce concept avec moi.

Durant la saison trois, j'ai fait une deuxième apparition dans la série avec un personnage complètement différent. C'était une des premières fois où mon personnage prenait autant de place dans une émission. J'entrais dans l'armée avec mononcle Bougon et je devenais soldat Richer Quelle idée audacieuse mais aussi très hilarante de la part des auteurs. Un gars en chaise roulante qui veut entrer dans l'armée canadienne comme recrue d'infanterie ! Le court tournage de trois jours, en 2005, a marqué ma carrière. Enfin, j'obtenais la confiance des scénaristes et de l'équipe de production. Ils m'ont prouvé que j'avais ma place comme n'importe qui sur le tournage, et j'ai eu beaucoup de plaisir à jouer. Claude Laroche, Mononcle Bougon, est un gars super cool et très impliqué dans son personnage. L'épisode m'a fait rire du début à la fin : le commandant m'ordonne de faire des push-up (moment de pur délice), ils m'ont fait sauter à la corde, traverser un parcours de pneus en sautillant, le tout en chaise roulante. Durant le tournage, j'ai même dû me rouler dans la boue, imaginez le nettoyage après cette scène... Ça été l'enfer de tout enlever, j'en avais même dans la bouche ! Cet épisode a été diffusé en 2006, toujours sur les ondes de Radio-Canada. Si vous avez manqué ça, trouvez quelqu'un qui a la série, il faut que vous voyiez ça...parole du soldat Richer !

Virginie

Entre 2004 et 2006, j'ai joué dans la quotidienne à raison de huit à dix apparitions par année. Quel comédien au Québec n'a pas joué dans Virginie à Radio-Canada ? Je ne fais donc pas exception à la règle ! Durant trois saisons, j'ai joué le rôle de Sébastien Rivest, le fils du directeur, Michel Rivest (Marcel Leboeuf). J'ai adoré jouer ce personnage là, parce qu'il était très brillant comme moi et qu'il démontrait enfin qu'un trouble d'élocution ne signifie pas nécessairement une déficience intellectuelle ! Ce fût très plaisant de donner la réplique à Marcel, un être très généreux et attentionné. Ce qui m'a marqué des tournages de ce téléroman c'était le rythme de travail. à mon souvenir, je crois qu'ils tournent environ 125 émissions par année, donc plusieurs scènes par jour. La place à l'erreur était quasi inexistante, ils faisaient donc souvent une seule prise, parfois deux. Le professionnalisme de l'équipe de production était aussi exceptionnel ! Petite remarque, dans l'un des épisodes, je me suis marié ! Merci Fabienne, se fût une bonne répétition pour mon vrai mariage. Et pour ceux qui se demandent si on me reverra un jour dans ce téléroman, il n'y a rien de prévu pour le moment, mais glissez-en un mot à Fabienne si vous la croisez !

Ce Soir, On Joue

Tourné en 2004 aux Galeries D'Anjou à Montréal, que dire sur ce tournage autre que... j'ai eu du fun en maudit ! André Robitaille, l'animateur, m'a fait passer par toute la gamme des émotions, mais surtout le rire. Le concept de l'émission était assez simple : placer l'artiste invité dans différents sketchs amusants. Dans mon cas, ils ont choisi le thème des métiers. J'ai passé par un emploi de coiffeur et de pâtissier, mais qui voudrait une coupe de cheveux faite par quelqu'un qui contrôle à peine ses mains ? Essayez ensuite d'écrire sur un gâteau avec des spasmes ! Le moment fort de cette journée demeure toutefois mon personnage de clown. André faisait tout pour me faire rire et je décrochais à presque toutes les prises. Mon fameux clown essayait de faire un chien en ballon, mais imaginez le résultat ! Cette émission a été présentée sur les ondes de Radio-Canada au printemps de la même année.

Lance et Compte IV, Nouvelle Génération

Tournée en 2001 et présentée sur les ondes de TQS en 2002, Lance et Compte IV était le deuxième rôle que M. Réjean Tremblay me laissait entre les mains. Le personnage de David m'a donné beaucoup de fil à retordre et m'a fait prendre conscience que je ne pouvais pas jouer n'importe quel rôle. Surtout les rôles qui se rapprochent de ma condition physique réelle. Je jouais un handicapé physique avec une déficience intellectuelle. à cette époque, j'étais un peu moins connu qu'aujourd'hui et il y avait quand même un risque à jouer ce genre de personnage. Les gens font parfois trop vite l'association entre handicap physique et handicap intellectuel. Avec un certain recul, je ne pense pas que je referais ce genre de rôle même si je suis plus connu aujourd'hui. Le risque demeure trop élevé à mon goût, mais à l'époque je devais profiter de toutes les occasions pour faire progresser ma carrière. Pour la deuxième fois de ma courte expérience, je travaillais avec un réalisateur que j'adore encore aujourd'hui : Jean-Claude Lord. C'est un homme avec une grande ouverture d'esprit et la rigueur de travail qu'il faut pour réussir dans ce domaine. Pour le tournage en tant que tel, je n'ai pas vraiment de souvenir... Excusez-moi je vieillis !

Catherine

Enfin, je jouais un rôle de méchant ! Les gens pensent souvent qu'une personne handicapée, c'est beau, c'est fin, et c'est surtout pas hypocrite ! Mais détrompez vous, comme disait si bien Catherine dans l'émission, mon personnage de Luc portait très bien son nom écrit à l'envers. Luc était gérant de grand magasin à rayons. Dans l'épisode, Rachel, une cliente (Dominique Michel) lui ramène un appareil défectueux et lui sert tous les arguments possibles pour qu'il reprenne l'appareil. Elle s'attend à ce que le gérant handicapé la prenne en pitié, mais celui-ci prend une douce revanche en répondant à toutes ses questions sur un ton plutôt baveux... Comment donner de la merde à une personne handicapée? Mission presque impossible ! Après vous allez me dire qu'il y a pas de bon côté à être tout croche hi ! hi ! Une scène succulente ! Quel honneur de jouer avec l'une des plus grandes comédiennes du Québec ! Tournée en 2001 et présentée en 2002 par la société Radio-Canada, le plaisir était au rendez-vous. C'était la première fois de ma vie que je tournais devant un public. Moment un peu cocasse, à la répétition, Dominique Michel se sentait un peu mal de m'insulter de la sorte... Alors, je me dis que si quelqu'un a de la difficulté à m'insulter à travers un rôle, imaginez en vrai !

15 Secondes

Tourné en 1999, ce téléfilm a été présenté en l'an 2000 aux Beaux Dimanches à Radio-Canada durant la soirée du Superbowl... souvenir inoubliable ! Comment attirer un grand nombre de téléspectateurs face à cet événement ? Peu de gens l'ont vu, mais ça été un mal pour un bien, selon moi. La pièce de théâtre du même nom a connu un immense succès et il est parfois très difficile de faire passer une œuvre des planches au grand écran. Voyez la section théâtre pour connaître le cheminement magnifique de la pièce. Nous voulions faire ce téléfilm pour les gens qui n'avaient pas eu la chance de voir la pièce. Cela donnait une assez bonne idée de l'histoire mais l'intensité et la présence des personnages, pourtant très constante sur une scène, ne transparaissait pratiquement pas à l'écran. à mon grand regret !

Pour la première fois de ma vie, j'avais beaucoup de journées de tournage. Malgré une rupture très abrupte avec une petite amie quelques semaines avant le tournage, le plaisir était bien présent. Je retrouvais MA GANG de 15 secondes, la gang avec qui j'avais eu tellement de plaisir à la création de cette œuvre. Moments cocasses : il y en a eu plusieurs, dont une scène où le personnage de Christian Bégin entre dans l'appartement frustré. Pour se mettre dans l'esprit, Christian frappait dans le mur... il a fini par le défoncer ! Ou encore, une fois il fallait que j'aie un fou rire, d'habitude, j'en ai tout le temps mais cette fois là... rien. Durant presque deux heures rien, ça m'a pris une image mentale de moi en tutu qui danse le ballet pour y arriver. Si vous voulez voir une belle histoire remplie d'émotions courez à la Boîte noire pour vous louer "15 secondes", les comédiens sont incroyables surtout celui en chaise roulante hihi !

Réseaux II

Tournée et présentée sur les ondes de Radio-Canada en 1998, je vais être franc avec vous, je ne sais pas trop quoi penser de ce rôle ! Daniel (mon personnage) se faisait interviewer par une animatrice d'émission genre « Claire Lamarche ». L'intervieweuse était nulle autre que Caroline Néron. Au début de ma carrière et même de nos jours, j'ai eu et j'ai encore la chance de jouer avec les plus belles actrices du Québec. Daniel, à cause son handicap, faisait un témoignage poignant pour faire pleurer toutes les grands-mères de ce monde... Non sérieusement, cette deuxième expérience devant la caméra ne fût pas la plus marquante de ma courte carrière. Non pas à cause de mon personnage mais à cause de moi. Je ne me sentais pas à mon meilleur, lors du tournage, j'ai eu beaucoup d'hésitation et j'ai même bafouillé. Une chance qu'un rôle ne fait pas une carrière !

Jasmine

Qui ne se souvient pas de cette fameuse scène dans le bain avec la très belle et regrettée Marie-Soleil Tougas ? Comme premier rôle à la télévision, disons que ça commençait fort ! Les gens m'en parlent encore presque 13 ans après la première diffusion. Je crois sincèrement que cette scène a marqué la conscience collective de l'époque. Voir une personne handicapée assez lourdement, devoir recourir aux services d'une prostituée pour vivre sa sexualité, c'était du jamais vu à la télévision. On utilisait un des plus grands tabous pour en faire une scène nécessitant une grande ouverture d'esprit. Et oui, les personnes qui vivent avec un handicap peuvent vivre une vie sexuelle comme tout le monde. La beauté de cette scène soi-disant osée, était dans la manière de transformer la vulgarité de l'habituelle prostituée en une délicatesse amoureuse de deux personnages en quête d'amour vrai. Quand j'y pense, j'ai encore des frissons sur tout le corps. Marie-Soleil, que Dieu ait son âme, était une femme merveilleuse et généreuse.

Voici un bref résumé des scènes de l'épisode : ma mère malgré son inquiétude appelle une agence d'escortes pour son fils handicapé. Elle veut qu'il découvre cet aspect de la vie comme n'importe quel autre adolescent. Une fois les présentations faites, Armande (Marie-Soleil) et Luc (moi) montent à l'étage supérieur. Dans les deux scènes suivantes, les deux personnages sont dénudés dans le bain et finissent ensemble dans le lit. Moment où la vulgarité laissait place à un tendre instant entre deux êtres cherchant une acceptation inconditionnelle de l'autre. Il y avait très peu de dialogue dans ces scènes, mais la phrase qui m'a le plus touché, c'est quand Armande dit à Luc : « Maudit que t'es beau ». Oui, un être soi-disant tout croche peut, malgré tout, se faire trouver beau !

Ce premier tournage m'a beaucoup marqué, non seulement par la complicité avec Marie-Soleil, et le défi de tourner nu, mais par son équipe et l'atmosphère que les gens dégageaient. Je savais déjà à cette époque que j'avais ma place ! Il y a eu deux moments hilarants durant ce tournage, premièrement le baiser sur la bouche de la part de Marie-Soleil. C'était mentionné nulle part dans le scénario mais quand la caméra s'est mise en marche, je n'avais plus aucun contrôle, je me suis donc laissé faire ! Vous me comprenez les gars ! Hein ! Autre chose la scène du bain, c'était un très grand bain avec énormément de mousse. Un peu avant le tournage de cette scène, tout le monde me cherchait et s'inquiétait. Il est où Dave? Moi, j'avais glissé et j'étais rendu dans le fond de la baignoire. Il a fallu qu'ils vident le bain et qu'ils mettent des poches de sable au fond pour pas que je glisse ! Souvenir inoubliable, tout comme ce tournage. Si vous n'avez pas vu ces scènes, faites-moi l'honneur de fouiller dans vos vieilles casettes.